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Des risques bien réels dont on parle peu
Les substances psychoactives qu’elles soient médicamenteuses – codéine, fentanyl, kétamine, etc… – ou non – tabac, alcool, cocaïne, cannabis, protoxyde d’azote non pharmaceutique ….- sont susceptibles de provoquer des problèmes d’addiction ou de santé mentale. Des manifestations infectieuses – infection localisée ou générale, abcès, hépatite C… – peuvent également survenir en cas d’injection ou de consommation par voie nasale par exemple et sont liées davantage à la voie d’administration et sa contamination qu’au produit en lui-même. D’autres complications sur la santé sont moins connues et pourtant bien réelles.
La consommation de cannabis peut entraîner des complications au niveau des vaisseaux du cerveau, se traduisant par des accidents vasculaires cérébraux ischémiques, dus à la diminution de l’irrigation d’une partie plus ou moins localisée du cerveau. Selon la zone du cerveau touchée, les troubles pourront être une paralysie d’une partie du corps (= hémiplégie), une difficulté à parler partielle ou totale (= aphasie). Ces manifestations peuvent être transitoires, c’est-à-dire d’une durée courte, régressant en moins de 24h. Ces évènements ont également été décrits au niveau des vaisseaux qui irriguent le cœur, les artères coronaires, et conduisent à une souffrance du muscle cardiaque, se traduisant par une douleur thoracique aiguë pouvant aller jusqu’à l’infarctus du myocarde et ce en l’absence d’antécédent cardiaque. Ils surviennent la plupart du temps après une exposition récente de cannabis, dans les heures qui précèdent.
L’usage régulier de kétamine peut entraîner des dommages importants au niveau de la vessie, par une altération de son revêtement (l’urothélium). Ceci explique que les principaux symptômes sont la présence de sang dans les urines, des douleurs, des envies d’uriner plus fréquemment en lien avec une diminution de la capacité de la vessie qui peut être majeure, passant de 1000 cc à 100 cc (=cm3). Au début, ces signes peuvent évoquer une cystite (= une infection urinaire), rapidement éliminée par un examen d’urine dans lequel on ne retrouve pas de germe. En l’absence de diagnostic et de prise en charge, ces complications peuvent entraîner des conséquences au niveau des reins, et également impacter la qualité de vie.

L’usage régulier de kétamine peut aussi entraîner des complications au niveau des canaux biliaires du foie, qui permettent d’acheminer la bile du foie jusqu’à l’intestin. Ces complications (appelées cholangites) s’expriment par des anomalies au niveau du bilan sanguin (augmentation des phosphatases alcalines et des gamma GT) et aussi par des douleurs abdominales. Des cas ont été décrits avec une atteinte concomitante des complications urinaires et biliaires.
L’usage régulier de protoxyde d’azote peut entraîner des complications thrombotiques, c’est-à-dire liées à un caillot dans le sang, qui sont beaucoup moins connues que les complications neurologiques. Elles se traduisent notamment par des phlébites du membre inférieur, c’est-à-dire des caillots dans une veine de la jambe à l’origine d’une douleur brutale au mollet, ou par une embolie pulmonaire à l’origine d’une douleur thoracique et d’un essoufflement. Ces manifestations sont liées à une augmentation de l’homocystéine, due à la prise régulière de protoxyde d’azote (Pour plus de détails, voir article Protoxyde d’azote : du gaz hilarant à l’alerte sanitaire ). Le lien avec le protoxyde d’azote est indispensable à faire car sinon il pourra y avoir une récidive de ces manifestations.

La cocaïne est le plus souvent consommée par voie nasale. Sa pureté actuelle est plus élevée qu’auparavant et elle peut être coupée avec du lévamisole, une substance également toxique pour les vaisseaux de la muqueuse nasale.
En cas d’usage répété (quotidien ou hebdomadaire), des perforations de la cloison nasale peuvent survenir. Elles peuvent s’accompagner de lésions sévères des fosses nasales, parfois suffisamment importantes pour nécessiter une prise en charge chirurgicale.
En France, des structures de référence comme les centres d’addictovigilance surveillent les complications liées aux substances psychoactives. Elles détectent les nouveaux risques et informent professionnels de santé, usagers et autorités. Ces centres peuvent aussi être contactés pour toute question.
Pour en savoir plus : www.addictovigilance.fr.
Les substances psychoactives n’affectent pas uniquement le cerveau : elles peuvent aussi avoir des répercussions sur l’ensemble du corps. En cas de symptômes, il est important de mentionner toutes les consommations, et pas seulement le tabac ou l’alcool, afin de bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Ces effets sont souvent liés à des conduites addictives, ce qui peut rendre l’arrêt difficile. C’est pourquoi, dans ces situations, l’avis d’un·e spécialiste en addictologie est généralement recommandé pour accompagner au mieux la prise en charge.
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