Si la kétamine est un médicament prescrit sur ordonnance, il est aussi consommé en usage récréatif avec des risques pour le système urinaire.

La kétamine est un médicament psychotrope ayant, en France, une autorisation de mise sur le marché en anesthésie, et également en traitement de la douleur aiguë ou chronique.
En 2024, cette substance psychoactive a également fait parler d’elle avec le décès du comédien de la série Friends, Matthew Perry, et dans le rapport sur les drogues de l’agence anti-drogue de l’union européenne.

Un peu d’histoire

Les premiers cas de détournement avec la kétamine remontent en France dans les années 90, avec l’utilisation à visée récréative par des professionnels de santé, ayant accès à ce médicament (très encadré) compte tenu de leur activité professionnelle.
Puis ce produit a été utilisé dans le milieu festif et techno, à des doses importantes à la recherche d’effets hallucinatoires, dissociatifs avec des distorsions de la perception visuelle et de la notion du temps. A plus forte dose, elle peut provoquer des sensations de décorporation (sentiment de quitter son corps) voir de perte de conscience (« K-hole »).

En France, on assiste depuis environ 5 ans, à une augmentation continue du nombre de cas de complication sur la santé: troubles psychiatriques, addiction, troubles du système nerveux, troubles gastro-intestinaux…. ayant conduit les consommateurs à consulter un professionnel de santé. Quelquefois, cet usage de kétamine, qu’elle soit prise seule ou en association avec d’autres substances psychoactives, entraîne de sévères complications nécessitant une prise en charge en réanimation.

Sur un échantillon représentatif de 14 984 personnes âgées de 18 à 64 ans, en France, en 2023, la prévalence d’expérimentation de la kétamine au cours de la vie était de 2,6% (3,3% 18-24 ans, 4,8% 25-34 ans, 3,2% 35-44 ans)

Sur les données de 2022 du dispositif EnCLASS concernant les élèves de la 6ème à la terminale, l’usage de Kétamine était de 1,1% : 1,4% chez les garçons, 0,9% chez les filles.

Mésusages

Ce qui a changé en France, outre l’augmentation du nombre de cas, ce sont les modalités d’utilisation de cette substance.

D’une utilisation ponctuelle, occasionnelle qui était majoritaire jusqu’alors, les usages de la kétamine se sont fait plus réguliers, avec des prises répétées, hebdomadaires, voire quotidiennes et se sont inscrits dans la durée avec des consommations sur plusieurs mois voire années.

Complications

Ces modalités de consommations de kétamine font justement le lit de deux complications majeures : les cystites et les cholangites.

  • Les cystites à la kétamine se manifestent selon les consommateurs par un ou plusieurs de ces symptômes : une envie fréquente d’uriner, un besoin soudain, impérieux et irrépressible d’uriner, des douleurs sous le pubis, un besoin d’uriner plus de 2 fois par nuit, une difficulté à uriner, la présence de sang dans les urines.
Système urinaire Voies urinaires supérieures : rein, uretère Voies urinaires inférieures : vessie, urètre

La kétamine serait toxique pour les cellules de l’épithélium, c’est-à-dire du revêtement de l’appareil urinaire, dont la vessie. Il peut y avoir, en l’absence de prise en charge et/ou de poursuite de l’usage de la kétamine, des atteintes des voies urinaires supérieures, une insuffisance rénale.

  • Les cholangites sont des inflammations des voies biliaires qui se manifestent par des douleurs abdominales souvent intenses.
Système biliaire Foie, vésicule biliaire, voie biliaire

Ces deux types de complications s’expliquent aussi par l’effet rapide et transitoire de la kétamine, dont les effets psychoactifs apparaissent au bout de quelques minutes et disparaissent au bout de quelques minutes. Avec le temps, il y a un phénomène de tolérance : une même dose n’induit plus les mêmes effets et conduit le consommateur à augmenter les doses pour retrouver les effets initiaux (voir article Tolérance et addiction).

Cet usage de kétamine est aussi facilité par une diffusion accentuée comme en témoigne l’augmentation des saisies en France et en Europe et par une accessibilité augmentée (trafic, recours à des outils/applications numériques).